Histoire

L’histoire de la botanique, autrefois appelée
« phytologie », remonte depuis l’antiquité.
Elle est une science entièrement consacrée à
l’étude des organismes végétaux. Son
éthymologie vient du grec « botano » qui
signifie : Ce qui concerne les herbes et les
plantes.

Mettons ensemble en lumière quelques
personnages historique sans qui la médecine
et la botanique n’auraient pas pu donner
naissance à la pharmacopée.

 

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Hippocrate (460 – 370 av. J-C)

Hippocrate, médecin grec du siècle de Périclès était un grand philosophe. Considéré comme le père de la médecine, il a fondé au cours de sa vie l’école hippocratique qui a révolutionné intellectuellement la médecine en Grèce antique. Initiateur d’un style et d’une méthode d’observation clinique, il fonda des règles éthiques de médecine à travers « le serment d’Hippocrate » récité encore aujourd’hui par les futurs médecins, et divers autres textes du Corpus hippocraticum. Grace à l’étude de l’organisme humain, il fut le précurseur de la croyance de l’auto-guérison des êtres-vivants. Sa thérapeutique fut basée sur l’orientation d’une vie saine par le biais de l’hygiène, d’un régime alimentaire et d’exercices physiques, jusqu’au traitement phytothérapeutique approprié. Hippocrate répertoria entre 300 et 400 plantes médicinales.

 

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Théophraste (371 – 288 av. JC)

Théophraste, philosophe grec, naturaliste et alchimiste, était un disciple de Platon et d’Aristote. Embrassant toutes les sciences, il fut un botaniste de haut niveau et composa plus de 200 traités sur des sujets liés souvent à la nature et aux animaux. Il créa un vocabulaire descriptif spécifique pour différencier chaque partie d’une plante, et fut le premier à étudier les plantes pour elles-mêmes et non pour leur utilité. Il est entre autres l’auteur des Caractères, recueil de portraits moraux, qui a servi de modèle aux Caractères de La Bruyère et de Recherches sur les plantes.

 

Dioscorides
Dioscoride (env. 25 – 90 ap. JC)

Au siècle de notre ère, le médecin des légions romaines Dioscoride décrivit dans son oeuvre De materia medica les propriétés thérapeutiques de plusieurs centaines de plantes. Exerçant la profession de médecin des armées de Néro, il voyagea dans divers pays et pu compiler beaucoup de connaissances dans son oeuvre, écrite en 6 tomes. Cette oeuvre de caractères empiriques remarquable réalisée en grande diffusion étend son influence jusqu’au Moyen-âge. Dioscoride fut un pilier fondamental à l’étude des plantes médicinales. Il pu nomer 600 espèces nouvelles.

 

Galenus
Galien (129 – 216 ap. JC)

Galien , médecin de renom et auteur prolifique, possédait une grande connaissance des plantes médicinales. Il demeure dans l’histoire un personnage exceptionnel par l’alliance d’une grande puissance spéculative et d’une recherche passionnée des réalités médicales. Il catalogua les médicaments selon la « chaleur » en une série de degrés de croissances, permettant la sélection d’une pharmacopée à partir de ce critère. Aujourd’hui encore, les futurs pharmaciens prêtent le serment de Galien, qui a également prêté son nom à la galénique. Il est considéré comme le dernier des grands
médecins créateurs de l’Antiquité greco-romaine et avec Hippocrate, un des principaux fondateurs des grands principes de base sur lesquels repose la médecine européenne.

 

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Avicenne (980 – 1037)

Avicenne est un philosophe, écrivain, médecin et scientifique médiéval persan de religion musulmane. Il s’intéressa à de nombreuses sciences, notamment l’astronomie, l’alchimie, la chimie et la psychologie. Durant sa petite enfance, il étudie l’arithmétique chez un marchand herboriste, expert en calcul indien. Ayant une bonne mémoire, le jeune garçon finit par surpasser son maître en calcul et en mathématiques. À l’âge de 14 ans, un ami médecin lui apporte les traductions des œuvres d’Hippocrate, qu’il lit d’un trait, nuit et jour. Sa mémoire étant phénoménale, il lit aussi toutes les traductions de Galien. À l’âge de 16 ans, il est brillamment reçu médecin à l’école de Djundaysabur où professaient des médecins de toutes confessions : juifs, chrétiens, mazdéens et musulmans. À 17 ans, il donne des cours à l’hôpital de Boukhara qui sont suivis par des médecins étrangers. En un an et demi, il acquiert la connaissance de tous les auteurs anciens disponibles. Il est l’auteur de monuments et pendant plusieurs siècles, jusqu’au XVIIe siècle, son Qanûn constitue le fondement de l’enseignement tant en Europe (où il détrône Galien) qu’en Asie. On lui doit l’usage de la casse, de la rhubarbe, du tamarin, du myrobalan, etc. Avicenne, fin lettré, fut le traducteur des œuvres d’Hippocrate et de Galien et porta un soin particulier à l’étude d’Aristote. Il se démarque dans les domaines de l’ophtalmologie, de la gynéco-obstétrique et de la psychologie. Il s’attache beaucoup à la description des symptômes, décrivant toutes les maladies répertoriées à l’époque, y compris celles relevant de la psychiatrie.

 

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Hildegarde de Bingen (1098 – 1179)

Hildegarde de Bingen est considérée comme la première naturaliste d’Allemagne. Elle est aussi médecin, son double don de voyance et de guérisseuse en fait l’un des plus renommés de son temps. Sa médecine combine des éléments savants de grands auteurs, et des ressources locales de médecine populaire. Son ouvrages Physica est une description peu ordonnée de plantes et d’animaux. Elle décrit près de 300 plantes. Les exposés ne dépassent guère la connaissance populaire, mais en ayant toujours un but thérapeutique. Hildegarde indique les remèdes qui peuvent être obtenus à partir de chaque plante ou organe animal. Hildegarde de Bingen utilise ainsi tout ce que la nature pouvait lui offrir en matière de traitements : les simples bien sûr, mais aussi les minéraux. Dans son oeuvre Les causes et les remèdes, elle conçoit la théorie des quatre humeurs, non pas comme des liquides organiques, mais comme des ensembles de tendances, de prédispositions et de réactions morbides, sur un double plan physique et spirituel.

 

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Paracelse (1493 – 1541)

Paracelse, fut un médecin-chirurgien innovateur en thérapeutique, un philosophe de la nature concevant les phénomènes naturels comme des processus (al)chimiques de transformation, un théoricien des forces surnaturelles et un rebelle s’en prenant parfois avec virulence aux institutions et aux traditions. Dans son œuvre immense, toute imprégnée de la magie naturelle propre à la Renaissance, se trouvaient quelques idées fortes et innovantes qui semblent avoir impulsé (ou parfois seulement préfiguré) les recherches ultérieures des médecins paracelsiens sur la voie d’une analyse réductionniste des maladies, de l’extraction des principes actifs des substances naturelles. En somme, Paracelse initie le tournant de la médecine galéniste vers la médecine moderne basée sur la biochimie, en déstabilisant les édifices galénique et aristotélicien et en ouvrant la voie à la physiologie expérimentale. Paracelse écrivit beaucoup mais publia peu de son vivant: le texte le plus important est la Grande chirurgie.

 

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Carl von Linné (1707 – 1778)

Carl Linnæus, puis Carl von Linné après son anoblissement, est un naturaliste suédois qui a fondé les bases du système moderne de la nomenclature binominale. Considérant, selon la formule d’Edward Coke « Nomina si nescis, perit cognitio rerum » (« la connaissance des choses périt par l’ignorance du nom »), que la connaissance scientifique nécessite de nommer les choses, il a répertorié, nommé et classé de manière systématique l’essentiel des espèces vivantes connues à son époque en s’appuyant sur ses propres observations comme sur celles de son réseau de correspondants. La nomenclature qu’il établit alors, et la hiérarchisation des classifications en classe, genre, ordre, niveau, espèce et variété, s’impose au XIXe siècle comme la nomenclature standard.
Père du concept de biodiversité par son identification de près de 6 000 espèces végétales et 4 400 animales, sa classification s’inscrit dans un contexte historique plurimillénaire où la notion d’évolution des espèces n’existe pas encore, depuis la classification du philosophe grec Aristote, d’une part, et la doctrine biblique créationniste, d’autre part. L’ouvrage le plus important de Linné est son Systema Naturæ qui connaît de nombreuses éditions successives, la première datant de 1735. Chacune d’elles améliore son système et l’élargit. C’est avec la dixième édition, de 1758, que Linné généralise le système de nomenclature binominale.

 

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René Maurice Gattefossé (1881 – 1950)

René-Maurice Gattefossé est considéré comme un des pères fondateurs de l’aromathérapie contemporaine. Chercheur fécond et compilateur minutieux, il est également l’inventeur du mot « aromathérapie ».
Ingénieur chimiste de formation, il a dirigé les Établissements Gattefossé pendant la première moitié du xxe siècle. Délaissant progressivement la parfumerie, son métier d’origine, il a réorienté l’entreprise vers les secteurs de la dermatologie et de la cosmétologie. La recherche touchant l’aromathérapie a été menée parallèlement à ses activités industrielles.
Croyant profondément en la Science, au Progrès et à la Modernité, René-Maurice Gattefossé s’est aussi passionné pour ce qu’il appelait les « techniques oubliées » : les traditions « archi-millénaires », les para-sciences. Son ambition, tout au long de sa vie, a été de parvenir à concilier ces deux pôles. Branche de la médecine qui consiste à traiter les maladies par les huiles essentielles, l’aromathérapie n’a pas été « inventée » ex-nihilo par René-Maurice Gattefossé – on sait par exemple que les Égyptiens de l’Antiquité usaient déjà des « arômes végétaux » pour se soigner. Mais Gattefossé, en étudiant, avec quelques scientifiques de son époque, les propriétés thérapeutiques des huiles essentielles, a contribué au renouveau de la discipline. C’est d’ailleurs à lui qu’on doit l’invention du mot « aromathérapie », qui se décline aujourd’hui dans toutes les langues.

La création de ce néologisme date de la parution de l’ouvrage Aromathérapie – Les Huiles essentielles – hormones végétales, en 1937

 

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Pierre Valentin Marchesseau (1911 – 1994)

Pierre-Valentin Marchesseau est considéré comme le père de la naturopathie, pour en avoir importés, traduits les concepts en 1935. Il crée en 1973 à Paris l’Institut d’Hygiène Vitale où il forme de nombreux naturopathes. Il fonde également la société d’aliments biologiques Vitagermine. Il auto-publie une cinquantaine d’ouvrages dans lesquels il dispense son savoir naturopathe et qui sont utilisés lors de ses formations.

 

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Jean Valnet (1920 – 1995)

Jean Valnet est un médecin et chirurgien militaire français, qui a été l’un des artisans du développement de ce qu’on a pu appeler la branche française de l’aromathérapie, rebaptisée phyto-aromathérapie. Il est aussi le créateur de la marque de produits d’aromathérapie « Docteur Valnet ».

Si René Maurice Gattefossé, ingénieur chimiste, est indubitablement à l’origine du nom comme du principe de l’aromathérapie, ses recherches ont été reprises, développées, systématisées et commercialisées après la seconde guerre mondiale par le docteur Jean Valnet. L’apport de Jean Valnet est sans conteste la diffusion des connaissances et de l’enseignement de la phytothérapie et l’aromathérapie.
Dès 1948, il expose le résultat de ses travaux sur la phytothérapie et l’aromathérapie dans de nombreuses publications médicales et divers ouvrages devenus célèbres. Grâce à son travail inlassable de « défense et d’illustration » de la phytothérapie et de l’aromathérapie, il fut un acteur du renouveau d’intérêt du public et de certains médecins pour ces thérapeutiques.

 

Médecine traditionnelle européenne : Médecine moderne occidentale

La médecine grecque « Hippocratique »

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« Les Grecs furent les héritiers des connaissances médicales de l’Egypte pharaonique et de la Mésopotamie. Hippocrate, appelé le « père de la médecine », jeta les bases d’une médecine scientifique dénuée de pratiques magico-religieuses à partir du IVᵉ siècle avant J-C. Il élabore la théorie humorale du corps, basée sur les quatre éléments constitutifs du monde : l’air, l’eau, la terre et le feu et sur les quatre humeurs circulant dans le corps : le sang, la bile, l’atrabile et le phlegme, elles-mêmes en rapport avec quatre organes (le cœur, le foie, la rate et le cerveau). Dans ce système, les quatre qualités de chaud, froid, sec et humide sont assignées aux éléments, aux humeurs et aux organes. Les aliments et les remèdes (230 plantes médicinales sont décrites dans le Corpus hippocraticum d’Hippocrate) sont eux-mêmes classés en fonction de ses qualités, ce qui permet d’esquisser des mises en relation thérapeutiques. Par la suite, Dioscoride (60 après J-C.) enrichit notablement l’œuvre d’Hippocrate en rédigeant De Materia Medica, un ouvrage, repris et commenté par Matthiole, qui fera référence durant quinze siècles en Europe, au Moyen-Orient et en Asie Centrale. 519 plantes y sont dessinées et décrites avec leurs usages thérapeutiques. Galien (131 – 201 après J-C.), autre Grec qui deviendra le médecin de Marc Aurèle, fut l’un des premiers à jeter les bases codifiées de la préparation des remèdes. C’est de son nom que dérive la galénique, science pharmaceutique actuelle centrée sur la préparation, la présentation et la conservation des médicaments. Les écrits de ce précurseur de la pharmacie feront eux aussi figure de référence durant les quinze siècles suivants. A partir du IIᵉ siècle de notre ère, malgré la domination romaine dans tout le bassin méditerranéen, la médecine resta l’apanage des Grecs jusqu’au IVᵉ siècle. Mais les Romains ne réussirent pas à pérenniser l’enseignement et la pratique de la médecine grecque, ni à la faire progresser. En revanche, les invasions barbares des IIIᵉ et IVᵉ siècles et le déclin du monde romain incitèrent les moines nestoriens, alors seuls détenteurs des sciences médicales grecques, à fonder à Jondîshâpur, capitale des Sassanides, en Perse et à Alexandrie en Egypte, deux écoles de médecine capables de perpétuer l’enseignement et la formation des médecins. Au cours du Moyen-Age, les sciences et les cultures grecques et romaines disparurent dès le VIᵉ siècle. La sorcellerie regagna alors du terrain dans la thérapeutique au détriment d’une phytothérapie bien codifiée par la médecine grecque (…)  »

(Extrait du livre « Un tour du Monde des plantes qui soignent » – Jacques Fleurentin/Bernard Weniger)

 

 

 

 

 

 

 

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